mardi 7 avril 2009



WORKSHOP

"DANSE AVEC LE TEMPS"
Gérer le stress avec légèreté



Coaching et créativité



Samedi 16 mai 2009
10h à 17h30
Sous le soleil de Cascais


Plaisir - Sourire - Détente - Bienveillance - Confidentialité


Un atelier pour apprendre à s'arrêter, prendre le temps de trouver son rythme, celui qui nous ressource et nous permet d'ouvrir de nouveaux horizons. Un atelier ludique pour explorer notre relation au temps, expérimenter les différents rythmes, réduire notre stress en identifiant ce qui nous détend.

De la joie, du rire, de l'interaction et pour ceux qui le souhaitent des décisions pour changer leur rapport au temps et redécouvrir la fluidité.

Les outils pour explorer les rythmes, le temps objectif, subjectif et onirique :

- ateliers de coaching de groupe,
- théâtre, danse, mouvement,
- dessin, collage, peinture,
- écriture,
- musique,
- travail personnel, en duo, en groupe
...


Les intervenantes :

Linda Woolfson, Créateur de l'atelier "Time for you", Docteur en littérature française
Nathalie Vogelsinger-Martinez, Coach, formatrice, révélateur de talent


Pour toute information :

Envoyer un mail : linda.woolfson@mail.telepac.pt ou nathaliemarti@talk21.com

Téléphoner : 96 309 82 44 OU 91 277 80 28




mercredi 25 février 2009


La pesante liberté de l'autonomie


"Exprimez-vous, assumez-vous, soyez autonomes, réalisez-vous, soyez vous-même, soyez tous des leaders... Tous ces slogans sont des plus anxiogènes quand on ne permet pas aux individus de faire l'apprentissage du gouvernement de soi".

Alain Ehrimberg, Le culte de la performance



Quand on parle de soi, avant de se gouverner, encore faut-il un peu se connaître. "Se connaître" est un programme plutôt chargé. Selon le modèle appelé "la fenêtre de Johari", notre personnalité/notre moi/soi... peut être considérée sous quatre dimensions dont seules les deux premières nous sont connues :


- la dimension publique : ce que je sais et qui est connu des autres ;

- la dimension cachée : ce que je sais de moi mais qui est ignoré des autres ;

- la dimension aveugle : ce que les autres savent de moi et que j'ignore;

- la dimension inconnue : ce que j'ignore de moi et que les autres ignorent également (qui se révèlera uniquement dans des circonstances particulières pour le meilleur ou pour le pire).


Je disais donc que "Se connaître" est un programme ambitieux puisqu'il nous faut dans un premier temps avoir conscience de ce que nous sommes (histoire, valeurs, choix...), que cela nous plaise ou non, reconnaître nos compétences et accepter nos limites.

Mais il est également souhaitable d'écouter ce que l'on dit de nous. Non que les autres nous connaissent mieux que nous-même mais parce qu'ils peuvent voir ce à quoi nous n'avons pas accès parce qu'ils nous regardent d'un autre angle : les autres ne sont donc pas que l'enfer mais un indispensable miroir.

Cependant, rappelons-nous que comme tout miroir, il peut être déformant. Dans un premier temps, il conviendra donc de faire le tri entre :

- ce qui est projeté sur vous et qui appartient à l'autre (généralement exprimé sous forme de reproche et qu'éclaire l'enfantin et néanmoins efficace "c'est c'lui qu'il dit qui est" mais qui peut également prendre la forme d'un compliment à fin de manipulation)

- et ce qui est dit pour vous éclairer dans un formidable élan d'authenticité parfois brutal (le miroir qui vous fait prendre une décision).

Généralement, cette information qui vous est envoyée relève du second cas quand elle vous reste en tête, qu'elle vous perturbe, qu'elle fait écho à quelque chose que vous avez du mal à cerner. Alors, cela vaut la peine de vous attarder et de vous interroger. En quoi ce mot, cette phrase me parle t-il de moi ? Qu'est-ce qui me dérange ? Qu'est-ce que j'ai envie d'en faire ? En quoi cela provoque t-il cette émotion (être lucide sur l'émotion : peur, colère, tristesse, joie...) ?

Une autre façon de se connaître est de faire le point sur les croyances que nous avons intériorisées au sujet de nous-même et qui nous viennent des discours parentaux (adultes référents, instituteurs, professeurs...). Nous avons du mal à nous en dégager parce qu'elles sont devenues des pensées automatiques dont nous n'avons pas forcément conscience et que nous n'avons donc jamais pu remettre en question. L'analyse transactionnelle (AT d'Eric Berne) appelle ces discours des drivers (ce qui conduit nos comportements). Ils sont au nombre de 5 et sont assortis de promesses erronées source de stress car inadaptées :

- Dépêche-toi et croyance qu'il suffit de se dépêcher pour se débarasser des problèmes.
Antidote : fais les choses plus lentement, réserve-toi du temps.

- Sois fort et croyance qu'on va toujours pouvoir prouver qu'on est le plus fort.
Antidote : tu peux compter sur les autres. Ils sont aussi capables de comprendre que tu as le droit d'être content ou pas, d'être vulnérable ou pas.

- Sois parfait et croyance qu'on va toujours pouvoir être parfait à 100 %.
Antidote : tu as le droit de te tromper, tu n'as pas besoin de tout savoir.

- Fais plaisir et croyance qu'on peut faire plaisir à tout le monde.
Antidote : tu ne peux pas plaire à tout le monde, accepte-le. Dis ce qui est important pour TOI.

- Fais des efforts et croyance que lorsqu'on est laborieux et que l'on se fatigue on gagne toujours.
Antidote : tu as le droit de te détendre. Qu'est-ce que tu peux arrêter de faire ?


Chacun se reconnaîtra. C'est un premier pas vers la connaissance de soi. "Se gouverner" sera se poser les questions suivantes : Qu'est-ce que je décide de garder ? Dans quelle situation ? Jusqu'à quel point ? En quoi cela est-il efficace pour moi ? En quoi cela est-il confortable pour moi ? Qu'est-ce que je souhaite à la place ? Quelle est ma décision à partir de maintenant ? Comment vais-je m'y prendre ?


Exercice : l'ombre

Comme l'explique très bien mon amie Christine-Sarah Carstensen (Etre magicien de sa vie et Zen en un clin d'oeil), l'ombre est constituée de tous les éléments qu'une personne réprime ou déprécie et qu'elle met au rebut dans l'inconscient : ses manques, ses peurs, ses faiblesses. Moins la part d'ombre est reconnue comme une partie de la personnalité, plus la personne a tendance à la projeter inconsciemment sur autrui pour éviter de garder en elle-même cette part gênante.

Soyons honnêtes ! Combien de fois avons-nous critiqué quelqu'un pour un trait de personnalité qui pourtant nous servirait bien ? Celui-ci parle trop, celle-là est trop coquette, celui-là encore est trop perfectionniste, celle-là arrive toujours en retard. On supporte peu chez les autres ce qu'ils s'autorisent quand nous nous appliquons à le réprimer. Je vous propose de vous arrêter un instant pour :


- faire la liste des comportements, attitudes... qui vous insupportent chez autrui ;

- puis de réfléchir à ce que ces comportements, attitudes vous apporteraient si vous les adoptiez à des moments appropriés.


Ex : imaginons que je suis quelqu'un qui court tout le temps, j'ai donc sans doute en horreur les personnes lentes. "Lent" est le comportement qui m'agace. Si je choisis d'y réfléchir, je pense que si je mettais un peu de lenteur dans ma vie je gagnerai du confort (plus de temps, plus de calme), de l'estime (préserver ma qualité de vie).

Voilà !



Nathalie Vogelsinger-Martinez


"la pesante liberté de l'autonomie" : formidable expression à mon sens d'Alain Ehrenberg.
L'ombre : concept de la psychanalyse jungienne

lundi 19 janvier 2009




L'HEURE DU TEMPS


"Quelle heure est-il Madame Persil ? Huit heures et quart Madame Placard. En êtes-vous sure Madame Chaussure ? Evidemment Madame Piment !" Ritournelle pour esprit espiègle


"Le temps de lire comme le temps d'aimer dilate le temps de vivre." Daniel Pennac

"Le temps c'est de l'argent. Sur les tempes."
Robert Sabatier



Connaissez-vous le principe de Parkinson* ? Le connaître pourrait vous faire gagner du temps. Ce principe nous enseigne que plus nous disposons de temps pour réaliser une tâche, plus cette tâche nécessite de temps pour être réalisée. Donnons-nous donc moins de temps pour faire les choses. Top départ ! Je tente l'expérience dès à présent. Je me donne 40 minutes (et non 1h) pour rédiger mon texte.

Pas facile cette barrière du temps qui déjà m'oppresse. Aurais-je le temps ? Plus je pense au temps qui passe, plus je sens partir celui qui me reste. Je ne pense plus qu'au temps et me vient déjà la peur de la page blanche. J'entends presque le tic-tac angoissant des horloges d'antan pesant de toute sa sécheresse sur ma créativité.

Intéressant challenge que d'écrire sur le temps sans s'y arrêter. Peut-être me faut-il modifier ma représentation du temps. Fini le sablier qui réduit mon temps en poussière et me confronte au vide qui m'attend. Et si le vide ainsi dégagé était un temps sans temps, un temps qui s'étend et non un temps restant ! Et si le temps était un tapis volant sur lequel à notre aise nous roulons plus ou moins vite, plus ou moins confortablement ! Pourquoi vouloir arrêter le temps qui nous fait voyager. Laissons-le filer et cessons de rouler un moment. Justement voilà l'affaire du temps.

Qu'avons-nous tous avec le temps ? De quoi avons-nous peur ? D'être transformé(e) en citrouille ? Mais ce sont là des contes pour endormir les enfants. Craignons-nous de passer notre tour (si je ne suis pas à l'heure, quelqu'un prendra ma place), de manquer le tournant (si ce n'est pas maintenant alors tout est perdu), d'être démasqué(e) (si je ne fais pas les choses à temps, je serai taxé(e) d'incompétent(e)). En quoi courir nous éloigne t-il de notre mort (sociale, physique ...) ? Si nous avions tout notre temps que ferions-nous ou ne ferions-nous pas ? Quel serait notre rapport aux gens ? Vivrions-nous comme des escargots ou des comètes ? Concrètement, en quoi notre vie serait-elle plus proche de celle que nous souhaitons ?


Petit exercice de créativité (10 minutes)

Je vous invite à écrire, pour chaque domaine de votre vie, 5 actions ou non-actions que vous envisageriez si vous aviez tout votre temps.

1. Dans votre vie personnelle (celle qui n'appartient qu'à vous)
2. Dans votre vie familiale (parents, mari/femme, enfants, cousins, chat....)
3. Dans votre vie de couple (mari/femme - amant/amante - escargot/comète...)
4. Dans votre vie professionnelle
5. Dans votre vie sociale (amis, société, planète...)

A méditer à l'arrêt sur le tapis volant.


Petit outil pour gérer son temps : savoir dire NON

Apprenez à dire "non" quand cela est nécessaire pour votre confort. Soyez un autre pour vous-même.

1. Accuser réception de la demande avec neutralité (j'ai bien compris que a,b,c...)

2. Exprimer les difficultés ou les ennuis pour vous si vous accédez à la demande (ce qu'il est possible d'avancer compte tenu de l'interlocuteur et de la situation)

3. Faire une proposition (une autre personne, un autre jour, un autre moment, un autre siècle... Soyez créatif !!!)

4. Parler des conséquences positives pour vous et le demandeur si votre "non" est respecté et si une de vos propositions est retenue.


Voilà ! Les 40 minutes sont terminées. Bien sûr, j'aurais aimé relire une nouvelle fois, trouver de meilleurs mots, toujours faire un peu plus, un peu plus longtemps mais le temps court déjà. Que vais-je faire de tout ce temps tentant ?




Nathalie Vogelsinger-Martinez



* Cyril Northcote Parkinson est un psychologue du travail américain (1958)

jeudi 1 janvier 2009



L'an neuf !

Belle année 2009 ! Certes, cela demande pour l'entrevoir un léger effort d'imagination et quelques bulles de champagne résiduelles. Que notre tête tourne donc vers un monde plus pétillant !

La nouvelle année c'est un peu comme une rentrée des classes : une aventure un peu formelle dans laquelle on se lance avec crainte et curiosité, impatient(e) de mettre à l'épreuve nos résolutions et de voir aboutir nos projets. Bien sûr, il faudra relever des défis, se remettre en question, peut-être renoncer à ce qui nous semblait certain et accepter l'incertitude comme on tangue sur les flots. Regardez au loin !

Nous aurons notre lot d'heures ennuyeuses, de mauvais professeurs et de zéros pointés (comme nous sommes grands ça nous fait rigoler) mais aussi les fous rires, les amis, les rencontres et les bonnes copies (comme nous sommes grands ça nous fait aussi rigoler).

Nous aurons besoin d'énergie et de créativité pour redessiner un monde plus humain et trouver de nouveaux professeurs. Il y a tant à faire, tant à redécouvrir, tant à partager. Nous n'aurons pas forcément de bonnes notes (d'ailleurs il n'y a plus que nous-mêmes pour nous les donner) mais il est possible d'essayer, de croire en ce que nous faisons et de trouver du sens pour avancer ou continuer dans ce que nous aimons.

2009 nous voilà !



Petit exercice pour commencer l'année : Votre devise 2009
(inspiré du livre de Christine Carstensen, Devenir magicien de sa vie)



Je vous propose d'aller à la recherche de votre essence (le Coach français n'a pas de pétrole mais comme chacun sait il a des idées). Notre essence c'est ce que nous reconnaissons en nous comme essentiel, c'est une qualité précieuse qui nous porte, nous soutient quand parfois tout semble vaciller, c'est notre force.

1) Pour chaque proposition suivante, choisissez un exemple qui vous parle et dites ce qui vous plaît (le trait positif) et ce qui vous déplaît dans cet élément (le négatif)


. Si vous étiez un ANIMAL ? Vous seriez ....
. Qu'aimez-vous dans cet animal ?...
. Qu'est-ce qui vous déplaît dans cet animal ?...


. Si vous étiez une FLEUR ? Vous seriez ...
. Qu'aimez-vous dans cette fleur ?...
. Qu'est-ce qui vous déplaît dans cette fleur ?...

. Si vous étiez un PAYSAGE ? Vous seriez...
. Qu'aimez-vous dans ce paysage ?...
. Qu'est-ce qui vous déplaît dans ce paysage ?...

. Si vous étiez un FILM ? Vous seriez ...
. Qu'aimez-vous dans ce film ?...
. Qu'est-ce qui vous déplaît dans ce film ?...

. Si vous étiez un PERSONNAGE (réel ou imaginaire) ? Vous seriez ...
. Qu'aimez-vous dans ce personnage célèbre ?...
. Qu'est-ce qui vous déplaît dans ce personnage célèbre ?...



Rédigez votre devise 2009 !


Si vous regardez l'ensemble des réponses que vous avez données aux questions posées, quelles sont les qualités qui se détachent et à partir desquelles vous pouvez rédiger votre devise ?


Ma devise 2009 est la suivante :


Mettez un peu de magie douce dans votre vie :

- Ecrivez votre devise sur votre agenda,

- Appliquez cette devise pour insuffler de la force à votre projet ou à votre questionnement,

- Répétez-vous votre devise matin et soir. Si vous l'avez écrite c'est qu'elle a un sens profond pour vous,

- Ayez à l'esprit votre devise pour saisir les opportunités qu'elle déclenche

- Entrez dans l'action !!!!



Nathalie Vogelsinger-Martinez




lundi 15 décembre 2008





NOEL RADIEUX !
Pour ceux et celles qui m'ont fait, me font et me feront confiance



En cette fin d'année 2008, malgré le chahut du monde, je nous souhaite de garder l'espoir en un monde intelligent et généreux. Dans cette vision, chacun pourrait trouver sa place, vivre la vie qu'il se construit dans le respect de ses croyances et dans la curiosité du monde d'autrui. Les adultes ont aussi droit de croire au Père-Noël.

Noël signifie tout à la fois "la naissance" et "la nouvelle". Profitons-en pour renaître à nous-mêmes. Laissons reposer le passé dans son étui cotonneux, regardons-le avec la tendresse qu'il mérite ou l'oubli qu'on lui doit, prenons racines dans le présent et tournons-nous vers l'avenir.

Dans quelques jours, 2009 inaugurera l'an neuf avec ses nouvelles de joie et de peine puisque la vie est cela. Alors, dès à présent, soyons à la fête d'être vivants, aimants, présents à l'instant de nos sensations et de nos émotions. Croyons en nous-mêmes, au meilleur que l'on offre déjà et à tout ce qui encore sommeille. Dessinons notre avenir aux courbes généreuses, inventons des projets qui nous enchantent (le quotidien se charge du désenchantement), déployons les moyens comme on déploie des ailes. Bâtissons notre nouvelle année !

Quand j'écris tout cela je me sens pleine de l'énergie que vous me donnez chaque fois que vous me faites confiance. Je voudrais vous remercier pour les paysages que nous parcourons ensemble si riches et si merveilleux de ce que vous dites, de ce que vous faites, de ce que vous espérez, de ce que nous partageons le temps de notre relation.

S' il nous était donné de voir de l'extérieur ce que nous sommes, comme je vous vois et comme vous me voyez, je pense que nous serions fiers d'être ces personnes conscientes du rôle qu'elles jouent dans leur propre existence, leur propre monde, négociant les contraintes de leur vie d'Homme, et malgré cela encore déterminées à trouver LEUR chemin.

Joyeuses fêtes !



La minute pédagogique : le Père Noël

Le Père Noël nous vient d'Amérique : il a été décrit pour la première fois par Clement Clark Moore dans un poème daté de 1822 et Thomas Nast le dessina en 1860.

Le personnage est inspiré de Saint Nicolas, importé par les Protestants hollandais au XVIIe siècle, auquel on avait ajouté les très anciennes qualités du dieu nordique Odin, le magicien, et du Chasseur sauvage qu'on entendait passer dans les airs avec son équipage lors des nuits d'hiver. A la fois débonnaire et justicier, il distribue des cadeaux dans les bas et les souliers.

Source : le livre des fêtes, Nadine Cretin et Dominique Thibault




Nathalie Vogelsinger-Martinez






vendredi 31 octobre 2008


SILENCE !


"On dit encore que la nature, en nous donnant deux oreilles et une seule langue, voulut nous obliger à moins parler pour mieux entendre"
Plutarque


"Ceux qui parmi nous ont un héritage européen vivent dans "un monde de mots" qui leur paraît le réel ; mais parler ne veut pas dire pour autant que ce que nous communiquons par le reste de notre comportement n'est pas aussi très important."
Edward T. Hall


"Le sens n'a plus d'intérêt lorsque les sens fourmillent"
François Roustang




"Faire silence", "Garder le silence", "Silence !", "Chut !". N'y aurait-il pas quelque chose de précieux dans ces sifflements pour justifier une telle intimation ?


Un blanc, un vide, puis soudain une respiration, un nouvel espace pour écouter plus profondément ce qui est dehors, ce qui est dedans. S'ouvre alors un monde plus subtil, un peu comme si on passait de la grosse caisse au violon. La grosse caisse serait notre discours rationnel, les "il faut", les "je dois", suffisamment assourdissante pour masquer ce qui tente de s'exprimer au fond de nous. Le violon serait nos émotions, les "j'ai envie", les "j'ai besoin", "je désire", "j'aime...". Le silence nous parle. Il parle de nous, de nos peurs, de nos joies, de nos visions d'avenir et aussi de nos solutions.

Le silence est un outil précieux pour le coach. Son propre silence, celui du client, leur silence ensemble. Quand le Coach se tait, il se détourne de ses attentes, de ses savoirs. Il fait le vide et le calme à l'intérieur de lui-même pour offrir plus d'espace au client. Il écoute ce qui n'est pas dit et qui pourtant se traduit par un geste, par une distance, par un soupir... Le Coach est disponible à ce que se joue en lui, dans la relation et dans le monde de son client. Il navigue entre ces univers pour entrer dans le sentir et le ressentir.

Selon Andy Rankin (The use of Silence in Coaching, EMCC 2008), le silence du Coach est une invitation à l'émergence mais aussi :

- un moment de quiétude -aussi court soit-il- en rupture avec l'agitation et l'urgence de la vie ;
- un temps offert au client pour explorer à son rythme le problème qui lui tient à coeur ;
- un espace pour entrer en contact avec ses pensées inconscientes ;
- une chance pour contacter son "être véritable" ;
- une voie pour trouver seul sa solution.

Malgré toutes ses promesses, l'exercice n'en est pas moins difficile. Il s'agit de lâcher prise sur ce qui le reste du temps nous tient : notre discours conscient, nos idées bien calibrées, la maîtrise appliquée de ce que nous donnons à voir aux autres, de l'enjeu qui nous lie. Quitter l'habitude des pleins pour explorer les vides qui peuvent alors se remplir et vider le trop-plein.

Pour conclure, je vous propose de vous laisser tenter par une minute de silence ou par l'exercice suivant :



Exercice de sensibilisation à l'écoute
(Jacques Bonhomme - Chef de Choeur et musicothérapeute)



Installez-vous en position verticale debout ou assis (le dos bien droit). Percevez votre langue dans un état d'immobilité totale (vous pensez "ma langue est dans une immobilité parfaite"). Restez quelques instants ainsi et observez l'immobilité de la langue... la conscience posée sur votre langue. Votre mental ne prononce plus aucun mot au bout de quelques minutes.

Placez maintenant un "o" dans votre expir (l'expiration), que vous chantez sans rien chercher d'autre qu'à laisser aller votre son jusqu'au bout de votre expir. A la fin de l'expir, fermez le son en prononçant la consonne "m" (mmmmmm et non "Aim").

Ecoutez maintenant le silence qui suit votre chant. Il est déjà perceptible à l'intérieur de vous-même. Recommencez plusieurs fois à laisser aller un son à différentes hauteurs et écoutez en vous-même le silence qui suit. Vous vous apercevrez alors que le son est générateur de silence.




Silence

Lancinante absence des mots qui dansent,
Fascinante présence des sens encensés.
Sens qui réveillent l'inconscience de nos idées délaissées
Donnent naissance aux jouissances de nos corps libérés.
Silence on pense !
Silence on panse !


Nathalie Vogelsinger-Martinez








lundi 13 octobre 2008




Humour et Coaching ?



"Je me suis mis à la clarinette c'est ce qui rapproche le plus de l'anglais"
Raymond Devos


"Le verbe aimer est difficile à conjuguer : son passé n'est pas simple, son présent n'est qu'indicatif et son futur est toujours conditionnel."
Jean Cocteau



Peut-on parler d'humour au pays de la "Saudade" sans paraître provocateur ou insolent ? Sommes-nous tenus d'être mono-bloc, mono-identité, mono-compétence ? Doit-on choisir entre être drôle et être sérieux ? N'y aurait-il pas un endroit ou tout se mélange et devient surprenant ? Opérant ?

A chacun sa réponse. Pour ma part, j'ai choisi de conjuguer à tous les temps, tous les tons, tous les lieux, des larmes aux éclats de rire, de la profondeur à la légèreté, du corps aux images, de la rigueur à la fantaisie, de la philosophie à la bande-dessinée. Pourquoi choisir devant tant de richesses et de possibilités ?

Quand un client vient voir un Coach, il attend de lui quelque chose d'inédit, quelque chose qu'il n'a pas déjà tenté puisqu'il n'y a pas d'utilité à refaire ce qui ne fonctionne plus. Ce n'est pas une décision facile ni confortable que de se tourner vers autrui. En soi, c'est pourtant la première innovation (le jour ou le "jamais" devient "pourquoi pas ?"). C'est prendre la décision de se mettre au centre de ses choix, prendre la responsabilité de son importance, s'arrêter le temps d'observer son univers d'un peu plus loin et se regarder pour savoir si on se reconnaît dans tout cela (et voilà le deuxième pas !). Bien sûr, on ressent de la souffrance à se voir impuissant et cependant désirant, de faire le constat que certaines blessures sont encore douloureuses et qu'elles se réveillent quand et où on ne les voudrait pas. Il n'y a pas vraiment de quoi rire... Justement.

L'humour est une façon d'offrir de l'inédit, de l'imagination, du décalage, du recadrage, un autre espace, une nouvelle respiration, une ACTION. Rire c'est revenir au présent, au vivant, à la joie de sentir tout cela. Bien sûr, il s'agit de reconnaître ce qui blesse encore et son intensité mais nous ne sommes pas pour autant contraints de nous laisser aspirer par le registre de la plainte qui nous entraîne vers les terrains que nous connaissons si bien et qui, à cause de cela, nous réconfortent au moins de ce que nous maîtrisons leur chanson triste, celle qui légitime notre inaction. La plainte, c'est cela ! Elle nous prend tout notre souffle et nous laisse épuisés. Alors, quelle claque sympathique que l'humour qui nous fait considérer notre propre désarroi comme une dérision face à tout ce que nous propose notre vie, tout ce qui nous est ENCORE possible.

"Par son souverain mépris des limites de la logique et de la rationalité, le mot d'esprit peut faire voler en éclats les images du monde et devenir ainsi l'agent du changement", Paul Watzlawick.

Rire c'est prendre du recul pour se regarder en spectateur de sa propre vie , prendre de l'élan pour se projeter dans celle que nous souhaitons. Et nous voilà à des hauteurs qui nous grisent, les situations douloureuses s'éloignent pour n'être plus réduites qu'à leur place dans notre passé... dépassées. Rire c'est soudain se sentir d'autres traits, un visage qui change et qui enfin nous plaît, redécouvrir la joie, l'envie et l'énergie, c'est faire éclater ce qui nous emprisonne. Rire entre chimie et magie, pourquoi pas ?

Rien à voir avec se moquer de l'autre ou de soi. C'est se rappeler que nous ne sommes que des hommes pris au piège des histoires qu'ils se racontent sur eux-mêmes. Nous avons le moyen de nous raconter d'autres histoires, celles qui court-circuitent notre rationalité quand elle nous dessert (sans délice !). Ces nouveaux récits nous font entrer dans un monde à explorer où nos souvenirs prennent des formes plus confortables et nous poussent vers un avenir joyeux. Nous ne perdons rien de ce vers quoi nous voulons aller, quelque soit le sérieux de notre objectif. Au contraire, nous gagnons en énergie et en légèreté.

En Coaching , le sérieux réside dans le cadre professionnel que l'on pose et dans l'authenticité, l'honnêteté avec laquelle on avance au sein de la relation. Une fois cela sécurisé, alors l'humour peut prendre sa place comme un levier puissant du changement. A ne pas négliger, c'est bien plus amusant !




Nathalie Vogelsinger-Martinez
( l'Oiseau chanteur)


A voir à Lisbonne
Os Ridiculos : desenho humoristico e Censura (1933-1945), Bedeteca de Lisboa, R.Cidade de Lobito, Palacio do Contador-Mor, Olivais Sul. Até o 31 Dezembro 2008