samedi 18 septembre 2010

Nouvelle adresse du blog

L'adresse du blog a changé.

Nouvelle adresse :


Merci et à bientôt

Nathalie


mardi 15 juin 2010

Qui aimeriez-vous rencontrer ?


Qui aimeriez-vous rencontrer ?
 

Dans notre attente de merveilleux, nous imaginons parfois une rencontre magique. Cet évènement aurait le pouvoir de remplir le vide de nos idées ou de nos coeurs, de nous ouvrir les portes d'un monde enchanté où les obstacles s'effacent à peine effleurés et où les propositions volètent comme des papillons dorés.

Nous sommes de grands rêveurs et nous pensons de façon incantatoire : «si  je rencontrais une personne qui... alors je ...» qui se décline en «je pourrais faire ceci, je serais heureux, je réussirais, j'aurais une vie différente, je serais une-un autre...» illusion rémanente issue de nos lectures enfantines. Notre apaisement exultait alors quand le prince croisait le regard de sa princesse, la révélait à elle-même, promesse absolue d'un changement radical. Le propre du conte est de s'arrêter au baiser et celui du rêve de déserter la réalité. Certes !

Cependant, la réalité a besoin de rêve pour prendre de l'élan et s'épanouir. Penser c'est mettre en perspective des possibles et prendre le temps de choisir ce qui nous convient le mieux, sans trop prendre de risques. Ne nous en privons pas. Qui aimeriez-vous rencontrer ? Comment serait cet autre ? Quelles qualités détiendrait-il-elle ? En quoi votre vie serait différente ? Qu'oseriez-vous faire ?

Répondre à ces questions c'est découvrir la facette de notre personnalité qu'il nous reste à libérer. Si je rêve de rencontrer un artiste qui m'ouvrira la voie d'une plus grande créativité c'est sans doute parce que j'aspire à explorer des sentiers moins balisés. J'ai oublié quelque part comment réfléchir hors du cadre. Ma fantaisie sera le monde à visiter. Si je désire trouver une personne organisée, réaliste, fidèle, c'est que j'ai probablement perdu de vue dans ma propre existence un certain équilibre entre les routines et l'improvisation. Il me faudra reintégrer un peu plus de retenue entre deux pulsions.

" Soi-même comme un autre " écrit le philosophe Paul Ricoeur. Avant de rencontrer l'autre, il faut se rencontrer soi. Être capable de savoir ce qui nous appartient et ce que nous projetons d'irrésolu sur l'autre. L'autre n'a pas pour rôle de porter nos fardeaux, il a déjà les siens.

Plus nous sommes étrangers à nous-mêmes, plus nous rencontrons des personnes éloignées de ce qui nous convient durablement, tant dans notre vie personnelle que professionnelle. Mieux nous nous connaissons, plus nous approchons les personnes avec qui nous pourrons construire une relation épanouie et heureuse. La magie c'est de croire en notre propre pouvoir, celui de grandir et d'atteindre nos rêves.



4 verbes pour mieux communiquer


Quand nous sommes en relation avec quelqu'un, nous privilégions le plus souvent un axe de communication. Pourtant, au sein d'un relation équilibrée et saine, chacun doit pouvoir demander, donner, recevoir et refuser.

Demander : exprimer ce dont on a besoin et prendre le risque d'une réponse négative.

Donner : être capable d'offrir sans attente de retour ou d'un accusé réception.

Recevoir : être dans une position d'ouverture et s'efforcer de ne pas préjuger des intentions de l'autre.

Refuser : faire la différence entre refuser ce que nous tend une personne et refuser la personne. Il faut savoir oser dire non pour soi.

lundi 10 mai 2010

Croire en ce qui est bon pour soi


Croire en ce qui est bon pour soi


"Il est facile de croire, facile de ne pas croire. Ce qui est dur c'est de ne pas croire à son incroyance"
Arthur Koestler


Avez-vous un modèle ? Quelqu'un ou quelque chose qui vous inspire lorsque vous êtes coincé dans une impasse, quelqu'un qui sait faire exactement ce à quoi vous aspirez ?

Mon grand-père est un de mes modèles. C'était un homme aux désirs simples, aux gestes généreux et à l'âme tranquille. Il est mort à 96 ans dans un sourire, presque avec humour. Quand il me regardait en proie à mes tourments, il m'assénait son "c'est parce que tu n'as pas la foi !". Il parlait de la sienne... elle ne résonnait pas en moi mais elle me fascinait. Sa foi était une évidence calme, elle ne se discutait pas, elle était là, forte et légère. J'ai toujours saisi qu'il y avait quelque chose d'extrêmement puissant dans le fait de croire avec sincérité, cela permettait de voir la lumière dans le noir de nos chagrins.

Bien sûr, mon grand-père pensait à la foi en Dieu. Je n'ai retenu que la foi, une énergie qui se dirige dans une seule direction, inexorablement, comme un tapis épais qui se déroule pour nous mener où nous souhaitons. J'ai appris par expérience qu'il y a des tapis dans lesquels on se prend les pieds et d'autres sur lesquels nous glissons le visage au vent. Quand mes croyances sont contraires à mes objectifs c'est comme si les tapis se transformaient en montagnes. Ils sont des obstacles qui se dressent entre moi et ce que je vise. On peut les appeler des croyances limitantes. D'un autre côté, quand mes croyances sont congruentes avec mes désirs, qu'elles vont dans le même sens, alors elles m'ouvrent la voie, me donnent des ailes et créent des dynamiques positives, des synchronicités.

Les croyances sont des pensées à propos de nous-mêmes, des autres et de notre environnement. Elles deviennent des croyances limitantes quand elle réduisent les changements que nous souhaitons entreprendre. Par exemple, je peux vouloir arrêter de fumer mais continuer à croire que je ne cours aucun danger, que ma peau, mes poumons ne risquent rien. Dans ce cas, ma motivation à changer ne sera pas soutenue par ma croyance et elle sera donc faible et peu aidante pour ma démarche. Soit je pense cela parce que dans ma famille tout le monde fume et personne n'est jamais tombé malade - ce qui veut dire que je suis génétiquement protégée- et ma croyance n'est que relativement toxique, soit ma croyance s'appuie sur une dissonance cognitive (c'est à dire "je ne veux pas savoir et je préfère penser le contraire) et il me serait utile de changer de croyance.

La synchronicité c'est l'idée (encore une croyance donc !) que lorsque nous savons où nous voulons aller et que nous avons les croyances adéquates, nous attirons les évènements qui favorisent l'accomplissement envisagé (les bonnes personnes, les bons territoires, les bonnes demandes). Imaginons cette fois que je souhaite faire une émission de radio, que j'y crois sincèrement et qu'objectivement j'en ai les qualités, je vais sans doute être plus attentive aux opportunités susceptibles de m'amener à réaliser ce projet, je vais en parler, engager des actions pertinentes par rapport à cette attente et m'en approcher au plus près. Il s'agit d'une croyance aidante.

Cependant, changer de croyances est difficile. Nos croyances viennent de notre enfance, des discours qui ont été tenus à notre propos, de la place qu'on nous a attribuée. Puisque nous sommes devenus des grandes personnes, il nous revient de prendre en main notre destinée et de faire l'inventaire de ce dont nous avons hérité.

Petit exercice pour changer une croyance limitante

1) Identifier LA croyance limitante la plus invalidante
Prenons l'exemple de la croyance suivante :
"Quand je dis non à quelqu'un dans ma vie professionnelle, je laisse croire que je suis incompétent" puis posez-vous les questions suivantes :

- Quel est le critère important pour moi derrière cette croyance ? 
Exemple de réponse : "être compétent dans mon domaine d'expertise"

2) Pour changer de croyance, il faut agir en cohérence avec le critère qui est important pour vous.

Qu'est-ce qu'une personne compétente ferait dans les situations qui vous intéressent ? Avant de donner son accord, elle poserait sans doute des questions (quoi, quand, comment, quels sont les résultats attendus...) et demanderait un léger temps de réflexion.

A vous de jouer !

mardi 13 avril 2010

Peut-on apprendre à être heureux ?

Peut-on apprendre à être heureux ?

"Le bonheur c'est d'être heureux, ce n'est pas de le faire croire aux autres"
Jules Renard

"Etre heureux, c'est toujours être heureux malgré tout"
Clément Rosset 

Parfois je me demande à quoi sert le bonheur si ce n'est à se sentir malheureux de ne pouvoir être heureux. Existerait-il une tyrannie du bonheur qui disqualifierait les petites joies, les rires suspendus et les plaisirs éphémères ? Le bonheur n'est sans doute qu'une idée de soi et du monde qui n'a de place que dans l'imaginaire. Dans la réalité de nos corps et de nos relations, nous devons composer avec les contraintes du quotidien : temps, moyen, humeur. Etre heureux c'est sans doute être le moins malheureux possible.

Et si le bonheur n'était qu'une compétence qui s'acquiert sans trop de difficultés mais avec un peu de lucidité et de méthode ? Et si finalement le bonheur c'était simple ? Cela pourrait faire sourire et pourtant c'est sans doute vrai c'est à dire ça marche.

J'ai synthétisé pour vous un des modèles exposés par Tal Ben Shahar (professeur de psychologie positive à Harvard) dans son livre "Happier". Cette réduction a le mérite d'éclairer les quatre comportements archétypaux de la plupart d'entre nous et  de pointer leurs limites.
 
La course effrénée de l'esclave du futur
Les gains sont toujours attendus dans le futur. Le moment présent ne peut jamais être apprécié. Le soulagement tient lieu de bonheur.

Le nihilisme de l'esclave du passé
Il n'y a jamais de gains. Le passé ressemble au présent et au futur. Il n'y a rien à attendre. Il faut se résigner. Le bonheur n'existe pas.

L'hédonisme de l'esclave du présent
La satisfaction des besoins tient lieu de bonheur qui n'est envisagé que dans le présent. Le manque d'objectifs et de défis vide la vie de son sens.

Le BONHEUR
On gagne à tous les temps parce qu'on a identifié le but qui a du sens pour soi. Le but de notre vie c'est le but des buts, un but "unificateur", celui qui nous éclaire dans nos choix et nous fait préférer les activités qui nous amènent des bénéfices présents ET futurs. Le bonheur est un compromis entre idéalisme ET réalisme.

En résumé, pour être heureux, il faut avoir identifié LE but fort, réaliste et qui dépend de nous. C'est cet objectif qui donne du sens à la direction que prend notre vie. Puisque nous savons où aller, nous ne perdons plus de temps à hésiter sur nos décisions : elles sont ou ne sont pas cohérentes avec notre but. 

Etre pragmatique n'implique pas le vide spirituel. Il est toujours possible de lire Platon, Aristote, Ciceron, Saint Thomas d'Aquin, Manavadharmasastra ou encore Spinoza. Le bonheur de vivre se conjugue avec le bonheur de penser.


Nathalie Vogelsinger-Martinez

lundi 15 mars 2010

Courir après le temps



Les "R" du temps


Si je vous demande de choisir un animal qui représente le temps tel que vous l’envisagez, lequel choisirez-vous ? …

Pour ma part, j'opterais pour la panthère. Tout d’abord elle est noire et brillante et renvoie d’un côté  à l’obscurité, à ce que j’ignore et qui m’effraie et aussi à ce qui m’attire dans ce que je ne sais pas, comme une  surprise éclairante que me réserve le temps. Elle court vite avec souplesse et puissance et je me dis qu’il est de bon conseil de la regarder : la panthère pantelante, épuisée, stressée perd en efficacité et en fluidité. Pour garder de sa superbe, il lui faut entretenir l’éclat de sa prunelle, la finesse de son ouïe, le mordant de ses crocs.

A ce petit jeu là, j’apprends donc que j’aime courir tant que c’est avec grâce et optimisme mais que je n’aime pas que la course après le temps m’épuise puisque j’y perds les compétences qui font aussi ce que je suis. Et vous ?

Qu’est-ce que le temps ? Une ligne imaginaire qui naîtrait du passé, se prolongerait dans le présent pour fuir vers l’avenir. Où sommes-nous sur cette ligne ? Sommes-nous coincé(e) quelque part ? La ligne est-elle fragile ou solide, droite ou brisée, rassurante ou menaçante ? Pouvons-nous naviguer selon nos besoins, nos envies ? Oui, naturellement, c’est la règle des  trois "R" des aires du temps  : le passé sert à nous Renseigner, le présent à nous Réaliser et le futur à Rêver.
Alors pourquoi courir toujours en ligne de fuite puisque les ressources sont partout et que le temps d’être et de faire se conjugue au présent ? L’équilibre c’est de chercher ce dont nous avons besoin dans l’espace temps qui convient. Je me tourne vers le passé pour trouver des indices et résoudre mon énigme, m’enracine dans le présent pour respirer de tout mon être et me sentir vivant dans le mouvement et dans l'action puis m’abandonne vers le futur pour ébaucher les nouvelles formes de ma ligne du temps. C’est une danse avec le temps, un tango, une valse, une samba, un rock ou un  hip hop.

Que faire avec le temps ? S’y promener pour se débarrasser des émotions venues du passé et dessiner les projets d’avenir. Je remonte la ligne du temps pour m’arrêter à l’égratignure d’un événement perturbant, travailler l’émotion ligotée et construire une nouvelle expérience. Enfin libérée ! Je peux aussi me tourner vers le futur, projeter une épreuve importante, la visualiser en détails, anticiper dans le confort du présent ce que j'imagine de redoutable et qu’il m’est alors possible de préparer, de recadrer.

Pourquoi s’en tenir à courir après le temps alors qu’il y a bien mieux à faire et à défaire ?




mercredi 10 février 2010

Sur la route de la sérénité...



 Sur la route de la sérénité...

... le chemin risque d'être long et - contrairement à ce que l'on vise - proposer une suite de bouleversements et de remises en question épineuses. Pas grave si à l'arrivée nous trouvons du sens à nos agitations assagies ou si le fait de ne pas en donner nous laisse dans une indifférence tranquille. La sérénité ? On en frémit déjà de désir,.. vivre comme porté par le vent, sans plus lutter pour ordonner les évènements, diriger les volontés, simplement vouloir que les choses arrivent comme elles viennent. C'est sûr, il y a du travail avant de s'abandonner, de lâcher-prise !

Le lâcher-prise, parlons-en. Vu de loin et sur le mode opératoire, cela paraît simple. Il suffirait de desserrer les doigts, pinces ou griffes et d'un coup, de tout lâcher sur fond de cri plus ou moins bref et plus ou moins angoissé. Aaaaa....... Vu de près et sur le mode émotionnel, cela l'est nettement moins.

La métaphore est d'une aide efficace pour illustrer le tableau dans son entier. Imaginez vous suspendu quelque part entre terre et ciel, accroché à ce qui vous tient en vie (ce après quoi vous courez finalement). On comprend déjà ce qui fait du lâcher prise un défi. A présent, regardez en haut, en bas, à droite, à gauche ... Le ciel vous inspire t-il ? Le sol est-il loin ? Avez-vous d'autres prises accessibles ? Etes-vous en forme pour négocier la chute façon commando ? Si vos réponses sont négatives, l'idée de lâcher prise et la perspective de vous écraser lamentablement est inenvisageable. Sérénité certes, stupidité nenni. Nous pouvons sans doute dire qu'un lâcher-prise se prépare. Première étape sur la route de la sérénité.

Comment préparer un lâcher-prise ? En s'entraînant répondrais-je ? Commencer par prendre de la distance (juste un peu moins d'implication) par rapport aux choses qui n'ont finalement que peu d'importance et diminuer insensiblement les efforts : 5 mn de moins sur un dossier, un mail de moins par jour, départ 5 mn plus tôt... Petit pas à petit pas. Finalement on constate que pour le Monde rien ne change mais que de notre côté nous gagnons en confort et en disponibilité.

Ce temps dégagé, le garder pour se recentrer, c'est à dire pour être présent à ce que l'on ressent, pour se mettre au centre des efforts déployés, pour écouter son corps s'exprimer dans ses besoins et sa santé. Alors on découvre d'autres prises que celles auxquelles nous sommes accrochées, susceptibles de nous offrir une solide assise pour nous reposer et un horizon pour rêver.

Peut-être est-ce cela la sérénité : se laisser doucement balancer (être flexible), solidement ancré (guidé par nos valeurs et nos priorités), le regard tranquille (confiance en l'avenir), tourné au loin vers notre destinée (sagesse et réalisme).

Bonne route !


mercredi 6 janvier 2010






Patience - Confiance - Persévérance


Et hop ! Nous voilà déjà en 2010, pour le meilleur et pour le pire. C'est la règle du jeu et il n'y a pas moyen de négocier les extrêmes. Par contre, il  existe de belles ouvertures le long de la ligne de vie, un peu et jusqu'à beaucoup de lumière pour rendre le voyage sur terre agréable, distrayant, stimulant et point trop stressant. 


Depuis le début de l'année m'est venue à l'esprit comme une ritournelle cette trilogie apaisante : patience.. confiance.. persévérance. Vous me direz que ce ne sont que des mots et qu'ils réfèrent à des réalités qui sont des challenges pour la plupart d'entre nous, bref qu'ils ne sont efficaces que le temps de les prononcer. Pourtant, si vous prenez un moment pour les considérer, vous découvrirez que leur "pouvoir" quasi-hypnotique est loin d'être anodin et leur impact dépasse les secondes nécessaires à leur articulation.


Imaginez-vous bien calé(e) dans votre fauteuil face à la liste incroyable de tâches que vous vous êtes promis(e) d'accomplir pour la journée. Malgré votre énergie, il est à fort à parier que le stress commence à monter et le doute à vous envahir. Je passe sur toutes les flagellations mentales que vous vous infliger histoire de saper votre moral et de trouver refuge dans une position de repli. Voilà, c'est à ce moment là qu'il vous faut sortir la phrase magique : respirez, fermez les yeux pour vous centrer sur vous-même (puisque c'est vous l'important) et pensez ou dites : patience ... confiance... persévérance. Vous sentez-vous mieux ?

Qu'est-ce que "patience" veut dire ? Le message que "patience" vous délivre c'est que comme le dit le bon sens "tout vient à point", rien ne sert de s'agiter outre mesure, vous n'êtes pas responsable à vous seul(e) de ce qui se déroule autour de vous. Sans verser dans le déterminisme , il y a sans doute quelque chose qui se joue sans nous et qui impose son rythme et sa volonté. Par contre, ce qui dépend de vous c'est l'intention que vous avez de voir les choses se réaliser (votre liste de tâches). Donc lancez dans la machine 2010 vos souhaits, alimentez-les de temps en temps et soyez patients. No stress.

"Confiance"... ce mot-là est dans toutes les bouches, responsable de tout, déserteur, saboteur, désiré, imploré.  Combien de fois nous répétons-nous "si je pouvais avoir confiance en...". Décidez-le ! A partir d'aujourd'hui, engagez-vous à avoir confiance et regardez ce qui se passe de différent. Bien sûr, il vous faudra alors trouver d'autres excuses pour affronter ce qui vous fait peur mais peut-être pouvez-vous choisir d'aller vers ce qui vous rassure. Peut-être pouvez-vous faire le choix du confort plutôt que d'approcher le grill. Nous ne pouvons avoir confiance qu'en ce qui nous semble réaliste et réalisable.

Pour finir, venons-en à "persévérance". Celui-là également nous donne bien du fil à retordre. Il y a tellement de fleurs attirantes dans notre environnement que nous sommes tous devenus des butineurs, perdant de vue le cap que nous nous sommes donné.  A moins que ce soit le découragement, le manque de reconnaissance qui sape notre entrain, le syndrome de"l'aquoiboniste" pour citer Gainsbourg. Peut-être devons-nous trouver des objectifs qui nous motivent vraiment et qui nous alimentent régulièrement parce que leur réalisation est une source d'énergie. Peut-on persévérer pour atteindre une situation qui ne nous intéresse pas, nous angoisse ou pire nous menace ?. "Persévérance" rime donc avec "congruence" c'est à dire alignement de nos valeurs, de nos intérêts, de nos compétences et de nos objectifs.

Je vous souhaite donc pour 2010 d'entonner à la moindre faiblesse "confiance... patience...persévérance" et de vous rappeler qu'il est bon d'être vivant.





Photo : d'après un dessin de Cambon

lundi 14 décembre 2009

 

Les fêtes de famille

"Fêtes" et "famille" sont les incontournables repères lexicaux des gens heureux. Il me semble ...

Nous pouvons réclamer notre indépendance, revendiquer notre besoin de liberté et de solitude, il n'en reste pas moins que l'autre est le seul à nous offrir cette dimension impossible à saisir seul qui se situe entre nous et nos semblables et qui nous inscrit dans une communauté. La vie en 3D c'est plus saisissant !

La première dimension pourrait être "moi et moi-même", la seconde "moi et ce qui est bien plus grand que moi" (la nature, la spiritualité..) et la troisième "moi dans ma relation à l'autre". Cet autre c'est tout d'abord la famille, celle dont nous venons, celle que nous avons construite et/ou celle que nous choisissons, qui, du regard qu'elle porte sur nous, nous reconnaît et nous accorde une place dans un système certes plus ou moins satisfaisant. Se connaître c'est intéressant, être reconnu(e) c'est confortable, avoir sa place c'est stabilisant. Donc, c'est acquis, l'autre même avec ses défauts c'est bien mieux que le murmure de nos questions étouffé dans la prison de nos certitudes. Il faut quelqu'un à qui parler et pour nous entendre même s'il ne comprend rien.

Alors, les fêtes dans tout cela ? Pour ma part, j'aime bien pensé que les fêtes de famille sont une célébration de cette appartenance, comme un pied de nez à l'angoissante perspective d'un être condamné à la condition humaine (toujours seul(e)). C'est un moment où l'on s'oublie - pas seulement à cause de l'alcool- mais aussi parce que nous fusionnons. Parfois la fusion est nécessaire, reposante, salvatrice et surtout adaptée et sans danger. Pourquoi ne pas nous laisser porter ?

Ensuite, les fêtes de famille sont un moment de créativité et d'échange. Il en faut pour préparer le terrain de jeu et pimenter la vie : trouver une nouvelle place aux meubles, potasser avec sérieux les livres de cuisine, maudire le calendrier, lancer des invitations colorées, débusquer ce qui fera plaisir même si on tombe à côté. Bien évidemment, "fête" implique d'avoir le cœur et la tête à la fête, tout du moins d'en avoir envie, d'y croire comme à quelque chose de réalisable et de chaleureux. Ce n'est pas une prise de pouvoir sur autrui, pauvre otage surpris de nos fantasmes culinaires ou de nos délires despotiques mais un acte de générosité. C'est ce dont nous manquons livrés que nous sommes à l'aridité d'un monde aux valeurs parfois urticantes.

Voilà Noël qui se profile avec ses épines et ses guirlandes, nous pourrons donc bientôt exercer nos aptitudes à faire la fête et à fusionner en famille.



Joyeux Noël !






lundi 2 novembre 2009





L'art de remplir son filet

Quelle incroyable activité que le "réseautage" ! Incontournable en ces temps de marchés où ne souhaitant être pris(e) ni pour une pomme ni pour une poire, il nous faut trouver une étiquette qui puisse flatter l'oeil, attirer sans nonchalance le chaland, lui donner envie d'y goûter davantage... En d'autres mots, nous mettre dans son panier c'est à dire nous prendre dans son réseau. Ne vous méprenez pas (quoique parfois on se demande tout de même !), il n'est question que d'affaires "honnêtes" dans cette histoire, des sérieuses, des cadrées, du business, de l'emploi. Nul besoin en principe de vendre son âme ou d'y risquer son corps.

"Réseauter" c'est bâtir un réseau de contacts pertinents au déploiement exponentiel principalement sur la toile mais également partout où il est possible de rencontrer des personnes susceptibles de faire le lien entre vous et de nouvelles relations professionnelles (des voisins de table, en passant par la famille, le club de sport, les communautés d'intérêt, tout ce qui est plus petit que la planète entière). Dans le fond, l'idée est formidable et bien simple. Dans la pratique, l'exercice demande de belles qualités de communication : une bonne dose de confiance en soi, une compétence quasi politique à répéter le même message, un minimum de maîtrise de l'informatique et un goût sucré/salé pour l'aventure humaine.


On ne va ni les mains vides ni la tête creuse à une réunion réseau, qu'elle soit virtuelle ou réelle. Tout "réseauteur" compétent et motivé pour atteindre son objectif (présenter son activité, ses projets, ses produits, son CV, gérer sa carrière, prospecter, capter les tendances...) est capable en toute circonstance de parler de lui-même et de sa dynamique.


Cette démarche s'inscrit dans ce qu'on appelle le "personal branding" (très chic) c'est à dire "le marketing de soi" (très choc) soit la création, la maîtrise et la promotion de son image personnelle. A mi-chemin entre l'exercice biographique et la fiche produit (Aie !) c'est une approche pragmatique de la réatité contemporaine du marché et de l'emploi. Il n'est pas question de laisser de côté nos émotions mais plutôt de les mettre en forme par nos choix (les mots, les comportements, les expériences, les sites communautaires choisis...).


Ce qu'il faut retenir : il ne s'agit pas de se vendre mais de faire connaître ce que nous proposons, dans quelles conditions et dans quelles limites. Savoir parler de soi pour avoir une chance d'être entendu par celui ou celle qui nous cherche (Oui ! Il y a toujours quelqu'un qui cherche ce que nous proposons) au milieu de millions de voix qui s'élèvent et qui rendent les communications inaudibles. Sortir du lot.


L'équipement du super réseauteur

- une idée et une formulation claire de ce qu'il propose;
-une présentation actualisée et argumentée sur un des réseaux sociaux (Viadéo plutôt pour la France, LinkedIn plutôt pour l'international...) ;
- une photo (même si ce n'est pas obligatoire, nous restons des êtres humains sensibles aux visages) ;
- un blog (cela donne du "corps", du mouvement, une touche plus personnelle sans verser dans l'intime)
- un site (pour véhiculer des informations institutionnelles)
- une "présentation flash" c'est à dire un "discours sur soi/ses produits" (type 3 minutes pour convaincre) ;
- une carte de visite (pour l'adresse mail et le téléphone) ;
- de l'ouverture et du dynamisme (cela s'entend même à l'écrit);
- la foi et le respect en et pour ce que l'on est et ce que l'on fait.



Nathalie Vogelsinger-Martinez


NB : pour une lecture critique sur l'approche réseau, lire "Le devenir du rhizome" dans "Foucault, Derrida, Deleuze - Pensées rebelles", Sciences Humaines mai-juin 2005

Photo : jardin botanique de Lisbonne - novembre 2009

mardi 6 octobre 2009





Fêter ce que l'on est et ce que l'on fait


"Le calendrier est rempli de fêtes non attribuées
et de pleines lunes annoncées
Il n'y a qu'à se servir"

Katarina Mazelli, Le mec de la tombe d'à côté
(C'est un livre très drôle et fabuleusement plein d'amour !)


Ce mois-ci c'est mon anniversaire ! Peut-être le vôtre aussi ? Ou alors cela viendra... Depuis quelques années, je tourne à la fête la moindre occasion de me réjouir plutôt que de me laisser refroidir par cette petite voix interne et atone qui voudrait n'y trouver que du normal. Le "normal" est tout de même un peu triste quand arrive l'automne.

Ce n'est pas tant qu'on se trouve extraordinaire pour mériter les bulles et les gâteaux, les rubans et les baisers mais plutôt qu'il y a urgence à réhabiliter la reconnaissance de ce que l'on est et de ce que l'on fait. Il ne s'agit pas d'un renflement de la personnalité mais d'un réajustement de soi face à l'indifférence du monde. Regardez autour de vous et vous verrez justement qu'on ne se voit pas parce qu'il est très compliqué de croiser le regard de quelqu'un et de prendre le risque de le rencontrer (Que va t-il/elle croire ? Que vais-je dire ? Comment ne rien dire ? Comment partir ? Comment rester ???).

En avant pour le programme douceur, celui qui pourtant fait monter la température sans rien abîmer et qui arrime au plus profond de nous-même la certitude de notre légitimité.


Programme douceur

1. Ecrire 5 affirmations/croyances qui vous font du bien.
ex : "La vie finit toujours par me sourire"

2. Faire la liste de ce vous aimez en vous
ex : "Je suis organisé(e)

3. Faire la liste de ce que LES AUTRES aiment en vous
ex : "Je sais être spontané(e)"

4. Enumérer 5 petites actions/réalisations dont vous êtes particulièrement fier/fière
ex : "J'ai aidé mon fils à faire son devoir de maths"

5. Pour au moins l'une de ces actions, accordez-vous une récompense dans la journée (à boire, à lire, à déguster, à porter, à partager, à ne rien faire ...)...

Qu'avez-vous décidé ?

Demandez-vous à présent ce que vous gagneriez à vous complimenter plus souvent pour les petites conquêtes de chaque jour (reconnaître ce qui est fait dans sa simplicité ou sa complexité). Vous serez sans doute surpris d'observer combien les petites choses, les petits pas, les petits gestes sont gratifiants et porteurs des plus grandes victoires.


Nathalie Vogelsinger-Martinez

lundi 7 septembre 2009




Ombre et lumière



Les vacances sont déjà derrière nous mais leur ombre plane encore délicieusement sur l'aplat de notre bureau. Notre théâtre intérieur refuse d'afficher les programmes de rentrée et l'écran de nos pensées nous renvoie en boucle les éclats de rire des moments d'été. Pourtant septembre est bien là. Il faudra bien y mettre les pieds et faire scintiller nos missions dans un nouvel horizon.


C'est amusant que l'ombre puisse à la fois suggérer la fraîcheur et la terreur. La fraîcheur vient de ce que nous nous protégeons de la lumière qui brûle et qui révèle, de la chaleur qui étouffe et nous fait parfois perdre la tête. A l'ombre nous sommes un peu cachés, le corps à bonne température, nous voyons mieux que nous ne sommes vus.

L'ombre c'est aussi le début de l'obscurité, nous avançons à tâtons les mains en avant et le pas peu sûr, les sens à vif et l'imagination en feu.
L'ombre c'est le début du mystère, c'est aussi très excitant ...

"L'ombre" c'est également un élément de la théorie jungienne. Dans cette approche psychanalytique, l'ombre regrouperait l'ensemble des caractéristiques non acceptées par le Moi conscient : nos peurs, nos manques, nos faiblesses, ce que nous jugeons être nos travers gênants et dérangeants mais également nos tendances non reconnues (cf : la malediction de l'ombre - C.S. Carstensen). Nous aurions rejeté dans l'ombre ces traits, aptitudes... par peur d'être ... rejeté(e) par les personnes importantes de notre vie.

Cette théorie de "l'ombre" est très intéressante. Tout d'abord elle nous permet de faire le deuil de cet être totalement lumineux qu'il nous faudrait être. Nous avons tous nos parts d'ombre et de lumière. Ensuite, cette ombre -si on prend le temps de l'interroger- est une source inestimable de connaissance de soi (Qu'ai-je refoulé pour plaire ou survivre dans mon environnement et qu'il est possible aujourd'hui d'exposer à la lumière ?). Enfin, elle va nous permettre de transformer ce qui nous paraissait jusqu'alors insupportable chez l'autre en une ressource de confort et de bien-être.

Comment faire ?
Commencez par dresser la liste de :

- ce que vous détestez dans le comportement d'autrui. Par exemple : la colère, le laxisme, le perfectionnisme, les rires incessants, les gens qui dessinent, ... ;

- les sujets de discussion que vous avez tendance à fuir ;

- les domaines dans lesquels vous angoissez à l'idée de révéler une faiblesse ;

- les critiques qui vous blessent le plus...



Soyez sincère avec vous-même.

Une fois cette liste faite, vous voilà en possession de votre ombre c'est à dire de ce que vous refoulez depuis toujours pour être accepté(e) par votre groupe. Vous voilà entier ! A présent, demandez-vous quel intérêt pourrait aujourd'hui avoir pour vous ces qualités/traits/comportements rejetés...


Exemple 1 : Je ne supporte pas les personnes qui travaillent la porte du bureau fermé.

Ombre : (ce que j'ai mis dans l'ombre) pouvoir fermer la porte réelle ou symbolique, ne pas être vu, avoir son monde à soi...

Questionnement sur l'ombre : ne serait-il pas intéressant pour moi de ne pas tout montrer, tout dire. Suis-je vraiment obligé/e d'être disponible à 100 % tout le temps. Qu'est-ce que je gagnerais à fermer un peu la porte quelque fois, à garder les choses pour moi, à me ménager du temps personnel, à penser à moi ?


Exemple 2 : je n'aime pas les gens qui parlent de leur vie privée

Ombre : (ce que j'ai mis dans l'ombre) parler de sa vie privée, parler de soi, de ce qui se rapporte à soi...


Questionnement sur l'ombre : si j'étais capable de donner un tout petit peu d'informations sur ce que je fais en dehors de ce que l'on sait de moi que cela changerait-il dans mes relations professionnelles et/ou personnelles ? Cela m'aiderait-il à tisser du lien ? Ne serais-je pas plus sympathique, abordable, attachant, aimable pour moi et pour les autres ?


Voilà, vous êtes fin prêt pour porter votre habit d'ombre et de lumière, le sourire aux lèvres et l'air tout à fait décontracté puisque bien plus léger.


Jeu de pupilles dans l'ombre et la lumière

La pupille se dilate quand il y a peu de lumière et rétrécit sous un fort éclairage pour contrôler la quantité de lumière qui atteint la rétine. La pupille est également sensible à un autre type de stimulation : le plaisir.

Quand l'oeil voit (sent, pense à ...) quelque chose d'agréable la pupille se dilate un peu plus que la normale. Dans le cas contraire, elle se réduit à la taille d'une tête d'épingle. Ainsi, les amoureux se regardent dans le blanc des yeux avec les pupilles dilatées malgré un halo de lumière. Cette dilatation vient masquer les petits défauts de l'un et de l'autre pour le rendre bien plus beau qu'il ne l'est.


(Le langage des gestes, Joseph Messinger)
Merci Xavier!


Nathalie Vogelsinger-Martinez


jeudi 9 juillet 2009





VACANCES !


"- Pourriez-vous m'aider à maîtriser mes pensées et mon corps ?
- Assieds-toi sur le sol en face de moi, bascule le bassin vers l'avant, redresse la colonne vertébrale, concentre-toi sur la verticalité de ta posture.
- Voilà.
- Ne creuse pas le ventre, ne te contracte pas, inspire et expire en douceur.
- Voilà.
- Laisse passer les pensées avec la respiration, laisse-les apparaître et disparaître.
- Elles se bousculent au portillon, mes pensées, elles coulent en torrent.
- Maîtrise le flot.

[...] - Maintenant, tente de ne penser à rien.

- A rien ?
- Comme si j'étais mort ?
- Non, comme si tu étais une fleur ou un oiseau de printemps. Ne pense plus avec ta conscience personnelle, pense avec une autre conscience, celle du monde, pense tel l'arbre qui bourgeonne, telle la pluie qui tombe."


Eric- Emmanuel Schmitt, Le sumo qui ne pouvait pas grossir



Etre en vacances de soi ! Devenir autre. Tomber le masque, changer de costume, prendre de nouveaux repères, poser les yeux sur ce qu'on ne regardait pas, sentir le vent qui nous révèle une peau oubliée, frissonner. Laisser les éléments nous ballotter, ne plus résister, laisser aller... au moins quelques instants. Se contenter d'être ce que l'on est. L'herbe fait-elle des efforts pour pousser ?

Comme il est difficile de ne rien faire ou plutôt d'être en paix avec l'immobilité. Est-ce une question de confiance en soi, en sa destinée ou est-ce de la culpabilité face à un monde si affairé ? La tempête puis le calme, le flux et le reflux, la respiration et l'expiration, le travail et le repos... Cela semble pourtant si naturel. Serait-ce la peur de ne plus exister, comme si il fallait toujours justifier la place que nous occupons dans nos vies par quelque mouvement ? Combien de temps passons-nous par jour à seulement prouver notre importance ?

Nous parlions donc de vacances, de temps pour se reposer d'avoir trop pensé, trop fait, trop organisé. Du temps pour soi et ceux que nous aimons. Ensemble. Enfin un instant loin des livres et des cahiers, des réunions et des présentations, un monde sans performance, tout en indolence. Peu importe l'endroit tant qu'il nous aide à faire le vide en soi. Moi j'aime les horizons, quand mon regard ne peut plus rien accrocher et qu'il se dissout dans le bleu du ciel. Alors il n'y a plus de pensées, juste des sensations, le sentiment d'un vide apaisant, pas un abîme mais plutôt une pleine respiration.

Profitons de cette pause méritée pour reprendre contact avec la simplicité, septembre ne va pas s'envoler.



Nathalie Vogelsinger-Martinez




lundi 22 juin 2009



Communication interculturelle et identité


"L'identité d'une personne n'est pas une juxtaposition d'appartenances autonomes, ce n'est pas un "patchwork", c'est un dessin sur une peau tendue ; qu'une seule appartenance soit touchée et c'est toute la personne qui vibre."
A. Maalouf



Comment travailler ensemble quand nous ne partageons ni la même langue, ni le même rapport au temps et à l'espace ? Comment construire ensemble quand nous n'avons pas la même expérience de la relation à l'autre et à l'entreprise ? Qu'est-ce qui peut bien rassembler et faciliter la communication quand tant semble nous éloigner ? Comment ne pas se crisper devant les différences que nous lisons parfois de façon mutuelle comme des incompétences ? Comment maintenir la cohésion et la dynamique du groupe ?

L'interculturalité est une notion relativement récente. Dans les années 80, on ne parle que "d'international". Le monde est un "village global", balbutier l'anglais semble suffire pour orchestrer les équipes. Dans les années 90, on passe du modèle de management japonais dominant (emploi à long terme, prise de décision par consensus...) au modèle américain de l'entreprise flexible. On commence dès lors à s'intéresser à la notion d'interculturalité qui, bien gérée, est une promesse de productivité accrue. Ceci explique cela.

L'interculturalité est la rencontre (et non l'empilage) au sein d'un même groupe/équipe de plusieurs cultures et donc de différentes façons de communiquer et d'interpréter les signes (mots, comportements, intonations, rictus, tenue vestimentaire...). Si, dans une culture donnée "regarder droit dans les yeux" est un signe de respect, dans une autre ce peut être une insulte. Comportement valorisé par les uns, il est condamné par les autres. Autant de malentendus à venir, d'interprétations erronées d'une attitude qui se veut compétence et qui est perçu comme arrogance. Nous détestons tous ce décalage, cette impression d'être tombé à côté, d'être finalement incompris et peut-être rejeté. La peau se tend.

C'est sans doute dans notre relation au temps et à l'espace (intime ou géographique) que s'exprime de façon évidente notre originalité et notre susceptibilité. Rien de plus désagréable que d'attendre celui avec qui on a rendez-vous "à l'heure du déjeuner". Quand il est pour vous dans la norme de se retrouver à midi, la norme de l'autre peut être 3h de l'après-midi. Mieux vaut se mettre d'accord sur un temps technique : l'heure de la montre.

L'espace est celui qui vous sépare de votre interlocuteur et c'est aussi celui que vous avez à parcourir pour rejoindre un point donné. Un anglais n'a qu'un seul contact physique avec son interlocuteur en une heure. Un latino-américain vous touchera près de 100 fois dans le même temps. Difficile de se réchauffer à ce qu'on juge "froideur" ou d'accorder sa confiance à "l'envahisseur". Le corps se raidit, le cœur se serre, la communication ne trouve pas de canal pour circuler. Imaginez à présent ce que représente "la proximité" pour un Australien comparé à la définition qu'en ferait un Portugais. Il est fort à parier que quelques centaines de kilomètres les séparent. Tous deux sont dans le vrai mais ne partage pas la même vérité.

"Travailler ensemble" c'est ce qu'une équipe doit pouvoir faire pour réussir à mener à bien son projet (c'est à dire une direction commune suffisamment forte de sens pour les uns et pour les autres). Le plus souvent, l'entreprise compte sur l'ouverture d'esprit de ses collaborateurs, sur son élégance naturelle (nous en expérimentons tous les limites). En réalité, le processus le plus courant est celui de "l'essai-erreur" ou découverte à tâtons à visée pragmatique du mode de fonctionnement de l'autre. Cela aboutit à une communication rudimentaire sans grande souplesse ni spontanéité. L'entreprise peut également choisir d'utiliser l'identité de l'entreprise (sa culture) pour aplanir les différences et proposer un socle identitaire commun. Par les temps qui courent...

Elle peut aussi miser sur la synergie et l'accompagner (coaching d'équipe) pour s'appuyer à la fois sur les similarités et les différences conçues comme une complémentarité. Chacun fait alors l'expérience de la singularité de l'autre (son expérience), de ses difficultés (quelle solution proposer), de ses compétences particulières (son savoir-faire), de ses incompétences (reconnaître ses limites) et des partages possibles (culture métier par exemple...).

Il ne s'agit pas de s'aimer mais d'éclairer les ombres que portent les limites de notre expérience, d'être capable de communiquer au plus juste de ce que nous voulons exprimer et de s'appuyer sur le groupe plutôt que de se retrancher.


Les 10 règles d'or de la communication interculturelle
(Extrait de "Manager une équipe multiculturelle" de Joseph Aoun)


1. Reformuler : ses propos et ceux des autres.
2. Ecouter d'abord : laisser le temps à l'autre de s'exprimer, faire l'effort de l'attention
3. Parler ensuite
4. Eviter tout sujet délicat (surtout politique et religieux)
5. Parler lentement et clairement
6. Considérer le point de vue de l'autre
7. Avancer une idée à la fois
8. Ne pas prétendre qu'on a compris quand on a pas compris
9. Poser des questions
10. Etre patient et rester calme.



NB : finalement, ni plus ni moins que les règles de communication usuelles mais à décliner dans toutes les langues.


Pour un moment d'humour cliquer ici





Nathalie Vogelsinger-Martinez



mardi 5 mai 2009





Gérer le stress : quelle est votre relation au temps ?


Qui l'eut cru ? Sous le ciel lumineux du Portugal le stress s'approche du Tage.

Pour ceux qui connaissent le stress, le temps devient celui qui presse et qui oppresse. C'est un peu comme si nous manquions d'air tant à inspirer qu'à expirer, une tension qui nous fige là où il nous faudrait de la fluidité. Alors que faire quand on ne connaît plus que l'urgence de produire, d'organiser, de satisfaire... ? Que faire quand l'horloge semble devenue folle ? Il n'y a qu'une seule chose : s'arrêter. Joli verbe mais prenant casse-tête car quand on court depuis longtemps on a peur de s'écrouler avant la ligne d'arrivée. Justement, où est la ligne d'arrivée ?

La ligne d'arrivée n'est peut-être pas celle que nous croyons : le dossier à boucler, la réunion à tenir, les vacances à organiser... N'est-ce pas plutôt notre bien-être, notre santé, notre équilibre, notre efficacité, notre continuité ... ? C'est un peu comme courir un marathon en se programmant pour un 200 mètres. La stratégie ne peut pas être la même. Il faut savoir gérer ses ressources, en garder suffisamment quand il nous faudra accélérer, ralentir quand nous prenons de l'avance, inventer quand un lacet nous lâche, faire la différence entre les épreuves d'étape et la fin de la course.

Nous ne sommes pas tous les mêmes coureurs et nous ne nous lançons pas non plus dans les mêmes courses. Il y a ceux qui sont à l'aise avec la lenteur et qui pas à pas dessinent leur voie, prennent le temps d'être au présent et ne craignent pas l'immobilité. Il y a ceux qui d'un rythme régulier traitent l'une après l'autre leurs priorités. Il y a aussi ceux qui aiment la rapidité, qui se grisent d'être pressés, pour qui tout va vite et qui s'amusent d'accélérer. Nous avons besoin de respecter notre rythme mais nous avons parfois l'obligation d'en changer. Cependant, cette adaptabilité n'est possible que si nous pouvons de temps en temps nous ressourcer à notre propre tempo. C'est alors seulement que nous retrouvons notre créativité parce que nous avons enfin l'espace pour respirer.

Intuitivement nous connaissons notre rythme, celui qui fait qu'au fond de nous nous sommes intensément calmes et stables mais nous rationalisons par peur de ne plus être dans la course ou parfois de la gagner. Les circonstances (éducation, entreprise, valeurs familiales...) nous poussent également à changer de vitesse au point d'en oublier notre propre musique, celle qui nous donne envie de danser.

Que vous cherchiez la paix, l'efficacité, la réussite, la créativité, osez danser à votre rythme pour gagner en souplesse. Dansez avec le temps plutôt que d'essayer de le gérer. Puisque le temps nous échappe, n'essayons pas de l'attraper.


L'exercice du jour : visualisation Qi Gong (5 minutes)


1) Asseyez-vous au bord d'une chaise/fauteuil, les jambes parallèles, les pieds à plat au sol, les mains à plat sur les genoux, colonne vertébrale droite (rentrer légèrement le menton ) , tête comme suspendue au plafond par un fil, les yeux sont mi-clos. Dirigez votre conscience vers le Dan Tian soit un point (centre d'énergie) deux doigts SOUS le nombril.

2) Balancer le buste d'avant en arrière doucement une vingtaine de fois puis une vingtaine de fois de droite à gauche... DOUCEMENT... afin de sentir ce point d'ancrage qu'est le Dan Tian (2 doigts sous le nombril)

3) Imaginer une boule lumineuse ou non qui se déplace du Dan Tian (2 doigts sous le nombril) au périnée.

4) A présent :

- quand vous INSPIREZ (par le nez doucement) vous imaginez que vous faites descendre la boule d'énergie imaginaire du DAN TIAN (2 doigts sous le nombril) au périnée.

- quand vous EXPIREZ (par le nez doucement) vous imaginez que vous faites remonter la boule d'énergie du périnée vers le Dan Tian.

5) Vous faites ainsi 20 respirations complètes et normalement vous devez vous sentir un petit peu plus décontracté.


Si le Qi Gong vous intéresse : "A la découverte du Qi Gong" d'Yves Réquéna. Un très bon livre pour commencer quand on n'a pas le temps de participer aux cours.


Sinon, un repas entre amis, un ciné sympa, une balade sans but, des photos qui font rêver, le sourire d'un homme ou d'une femme qu'on croise, le sourire intérieur.... fonctionnent aussi parfaitement bien.



Nathalie Vogelsinger-Martinez



mardi 7 avril 2009



WORKSHOP

"DANSE AVEC LE TEMPS"
Gérer le stress avec légèreté



Coaching et créativité



Samedi 16 mai 2009
10h à 17h30
Sous le soleil de Cascais


Plaisir - Sourire - Détente - Bienveillance - Confidentialité


Un atelier pour apprendre à s'arrêter, prendre le temps de trouver son rythme, celui qui nous ressource et nous permet d'ouvrir de nouveaux horizons. Un atelier ludique pour explorer notre relation au temps, expérimenter les différents rythmes, réduire notre stress en identifiant ce qui nous détend.

De la joie, du rire, de l'interaction et pour ceux qui le souhaitent des décisions pour changer leur rapport au temps et redécouvrir la fluidité.

Les outils pour explorer les rythmes, le temps objectif, subjectif et onirique :

- ateliers de coaching de groupe,
- théâtre, danse, mouvement,
- dessin, collage, peinture,
- écriture,
- musique,
- travail personnel, en duo, en groupe
...


Les intervenantes :

Linda Woolfson, Créateur de l'atelier "Time for you", Docteur en littérature française
Nathalie Vogelsinger-Martinez, Coach, formatrice, révélateur de talent


Pour toute information :

Envoyer un mail : linda.woolfson@mail.telepac.pt ou nathaliemarti@talk21.com

Téléphoner : 96 309 82 44 OU 91 277 80 28




mercredi 25 février 2009


La pesante liberté de l'autonomie


"Exprimez-vous, assumez-vous, soyez autonomes, réalisez-vous, soyez vous-même, soyez tous des leaders... Tous ces slogans sont des plus anxiogènes quand on ne permet pas aux individus de faire l'apprentissage du gouvernement de soi".

Alain Ehrimberg, Le culte de la performance



Quand on parle de soi, avant de se gouverner, encore faut-il un peu se connaître. "Se connaître" est un programme plutôt chargé. Selon le modèle appelé "la fenêtre de Johari", notre personnalité/notre moi/soi... peut être considérée sous quatre dimensions dont seules les deux premières nous sont connues :


- la dimension publique : ce que je sais et qui est connu des autres ;

- la dimension cachée : ce que je sais de moi mais qui est ignoré des autres ;

- la dimension aveugle : ce que les autres savent de moi et que j'ignore;

- la dimension inconnue : ce que j'ignore de moi et que les autres ignorent également (qui se révèlera uniquement dans des circonstances particulières pour le meilleur ou pour le pire).


Je disais donc que "Se connaître" est un programme ambitieux puisqu'il nous faut dans un premier temps avoir conscience de ce que nous sommes (histoire, valeurs, choix...), que cela nous plaise ou non, reconnaître nos compétences et accepter nos limites.

Mais il est également souhaitable d'écouter ce que l'on dit de nous. Non que les autres nous connaissent mieux que nous-même mais parce qu'ils peuvent voir ce à quoi nous n'avons pas accès parce qu'ils nous regardent d'un autre angle : les autres ne sont donc pas que l'enfer mais un indispensable miroir.

Cependant, rappelons-nous que comme tout miroir, il peut être déformant. Dans un premier temps, il conviendra donc de faire le tri entre :

- ce qui est projeté sur vous et qui appartient à l'autre (généralement exprimé sous forme de reproche et qu'éclaire l'enfantin et néanmoins efficace "c'est c'lui qu'il dit qui est" mais qui peut également prendre la forme d'un compliment à fin de manipulation)

- et ce qui est dit pour vous éclairer dans un formidable élan d'authenticité parfois brutal (le miroir qui vous fait prendre une décision).

Généralement, cette information qui vous est envoyée relève du second cas quand elle vous reste en tête, qu'elle vous perturbe, qu'elle fait écho à quelque chose que vous avez du mal à cerner. Alors, cela vaut la peine de vous attarder et de vous interroger. En quoi ce mot, cette phrase me parle t-il de moi ? Qu'est-ce qui me dérange ? Qu'est-ce que j'ai envie d'en faire ? En quoi cela provoque t-il cette émotion (être lucide sur l'émotion : peur, colère, tristesse, joie...) ?

Une autre façon de se connaître est de faire le point sur les croyances que nous avons intériorisées au sujet de nous-même et qui nous viennent des discours parentaux (adultes référents, instituteurs, professeurs...). Nous avons du mal à nous en dégager parce qu'elles sont devenues des pensées automatiques dont nous n'avons pas forcément conscience et que nous n'avons donc jamais pu remettre en question. L'analyse transactionnelle (AT d'Eric Berne) appelle ces discours des drivers (ce qui conduit nos comportements). Ils sont au nombre de 5 et sont assortis de promesses erronées source de stress car inadaptées :

- Dépêche-toi et croyance qu'il suffit de se dépêcher pour se débarasser des problèmes.
Antidote : fais les choses plus lentement, réserve-toi du temps.

- Sois fort et croyance qu'on va toujours pouvoir prouver qu'on est le plus fort.
Antidote : tu peux compter sur les autres. Ils sont aussi capables de comprendre que tu as le droit d'être content ou pas, d'être vulnérable ou pas.

- Sois parfait et croyance qu'on va toujours pouvoir être parfait à 100 %.
Antidote : tu as le droit de te tromper, tu n'as pas besoin de tout savoir.

- Fais plaisir et croyance qu'on peut faire plaisir à tout le monde.
Antidote : tu ne peux pas plaire à tout le monde, accepte-le. Dis ce qui est important pour TOI.

- Fais des efforts et croyance que lorsqu'on est laborieux et que l'on se fatigue on gagne toujours.
Antidote : tu as le droit de te détendre. Qu'est-ce que tu peux arrêter de faire ?


Chacun se reconnaîtra. C'est un premier pas vers la connaissance de soi. "Se gouverner" sera se poser les questions suivantes : Qu'est-ce que je décide de garder ? Dans quelle situation ? Jusqu'à quel point ? En quoi cela est-il efficace pour moi ? En quoi cela est-il confortable pour moi ? Qu'est-ce que je souhaite à la place ? Quelle est ma décision à partir de maintenant ? Comment vais-je m'y prendre ?


Exercice : l'ombre

Comme l'explique très bien mon amie Christine-Sarah Carstensen (Etre magicien de sa vie et Zen en un clin d'oeil), l'ombre est constituée de tous les éléments qu'une personne réprime ou déprécie et qu'elle met au rebut dans l'inconscient : ses manques, ses peurs, ses faiblesses. Moins la part d'ombre est reconnue comme une partie de la personnalité, plus la personne a tendance à la projeter inconsciemment sur autrui pour éviter de garder en elle-même cette part gênante.

Soyons honnêtes ! Combien de fois avons-nous critiqué quelqu'un pour un trait de personnalité qui pourtant nous servirait bien ? Celui-ci parle trop, celle-là est trop coquette, celui-là encore est trop perfectionniste, celle-là arrive toujours en retard. On supporte peu chez les autres ce qu'ils s'autorisent quand nous nous appliquons à le réprimer. Je vous propose de vous arrêter un instant pour :


- faire la liste des comportements, attitudes... qui vous insupportent chez autrui ;

- puis de réfléchir à ce que ces comportements, attitudes vous apporteraient si vous les adoptiez à des moments appropriés.


Ex : imaginons que je suis quelqu'un qui court tout le temps, j'ai donc sans doute en horreur les personnes lentes. "Lent" est le comportement qui m'agace. Si je choisis d'y réfléchir, je pense que si je mettais un peu de lenteur dans ma vie je gagnerai du confort (plus de temps, plus de calme), de l'estime (préserver ma qualité de vie).

Voilà !



Nathalie Vogelsinger-Martinez


"la pesante liberté de l'autonomie" : formidable expression à mon sens d'Alain Ehrenberg.
L'ombre : concept de la psychanalyse jungienne

lundi 19 janvier 2009




L'HEURE DU TEMPS


"Quelle heure est-il Madame Persil ? Huit heures et quart Madame Placard. En êtes-vous sure Madame Chaussure ? Evidemment Madame Piment !" Ritournelle pour esprit espiègle


"Le temps de lire comme le temps d'aimer dilate le temps de vivre." Daniel Pennac

"Le temps c'est de l'argent. Sur les tempes."
Robert Sabatier



Connaissez-vous le principe de Parkinson* ? Le connaître pourrait vous faire gagner du temps. Ce principe nous enseigne que plus nous disposons de temps pour réaliser une tâche, plus cette tâche nécessite de temps pour être réalisée. Donnons-nous donc moins de temps pour faire les choses. Top départ ! Je tente l'expérience dès à présent. Je me donne 40 minutes (et non 1h) pour rédiger mon texte.

Pas facile cette barrière du temps qui déjà m'oppresse. Aurais-je le temps ? Plus je pense au temps qui passe, plus je sens partir celui qui me reste. Je ne pense plus qu'au temps et me vient déjà la peur de la page blanche. J'entends presque le tic-tac angoissant des horloges d'antan pesant de toute sa sécheresse sur ma créativité.

Intéressant challenge que d'écrire sur le temps sans s'y arrêter. Peut-être me faut-il modifier ma représentation du temps. Fini le sablier qui réduit mon temps en poussière et me confronte au vide qui m'attend. Et si le vide ainsi dégagé était un temps sans temps, un temps qui s'étend et non un temps restant ! Et si le temps était un tapis volant sur lequel à notre aise nous roulons plus ou moins vite, plus ou moins confortablement ! Pourquoi vouloir arrêter le temps qui nous fait voyager. Laissons-le filer et cessons de rouler un moment. Justement voilà l'affaire du temps.

Qu'avons-nous tous avec le temps ? De quoi avons-nous peur ? D'être transformé(e) en citrouille ? Mais ce sont là des contes pour endormir les enfants. Craignons-nous de passer notre tour (si je ne suis pas à l'heure, quelqu'un prendra ma place), de manquer le tournant (si ce n'est pas maintenant alors tout est perdu), d'être démasqué(e) (si je ne fais pas les choses à temps, je serai taxé(e) d'incompétent(e)). En quoi courir nous éloigne t-il de notre mort (sociale, physique ...) ? Si nous avions tout notre temps que ferions-nous ou ne ferions-nous pas ? Quel serait notre rapport aux gens ? Vivrions-nous comme des escargots ou des comètes ? Concrètement, en quoi notre vie serait-elle plus proche de celle que nous souhaitons ?


Petit exercice de créativité (10 minutes)

Je vous invite à écrire, pour chaque domaine de votre vie, 5 actions ou non-actions que vous envisageriez si vous aviez tout votre temps.

1. Dans votre vie personnelle (celle qui n'appartient qu'à vous)
2. Dans votre vie familiale (parents, mari/femme, enfants, cousins, chat....)
3. Dans votre vie de couple (mari/femme - amant/amante - escargot/comète...)
4. Dans votre vie professionnelle
5. Dans votre vie sociale (amis, société, planète...)

A méditer à l'arrêt sur le tapis volant.


Petit outil pour gérer son temps : savoir dire NON

Apprenez à dire "non" quand cela est nécessaire pour votre confort. Soyez un autre pour vous-même.

1. Accuser réception de la demande avec neutralité (j'ai bien compris que a,b,c...)

2. Exprimer les difficultés ou les ennuis pour vous si vous accédez à la demande (ce qu'il est possible d'avancer compte tenu de l'interlocuteur et de la situation)

3. Faire une proposition (une autre personne, un autre jour, un autre moment, un autre siècle... Soyez créatif !!!)

4. Parler des conséquences positives pour vous et le demandeur si votre "non" est respecté et si une de vos propositions est retenue.


Voilà ! Les 40 minutes sont terminées. Bien sûr, j'aurais aimé relire une nouvelle fois, trouver de meilleurs mots, toujours faire un peu plus, un peu plus longtemps mais le temps court déjà. Que vais-je faire de tout ce temps tentant ?




Nathalie Vogelsinger-Martinez



* Cyril Northcote Parkinson est un psychologue du travail américain (1958)